jeudi 27 octobre 2016

Retour sur Nouméa, visite du centre culturel Tjibaou

Mercredi 26 Octobre 2016 (posté le jeudi 27)

Ce matin, nous avons repris la route pour revenir sur Nouméa, où une visite au centre culturel Jean-Marie Tjibaou nous attendait.


Nous avons pris le temps pour faire la route de retour, préférant la prudence à l'excès de vitesse et ainsi éviter toute catastrophe (comme pour cette voiture arrivée directement dans le fossé).


Eric, que nous avions vu lors de notre arrivée à Nouméa, nous avait prévenues que les panneaux de signalisation indiquant les vitesses étaient largement au-dessus de ce qui était recommandé.
Attention donc quand vous allez en Nouvelle-Calédonie pour estimer le temps de certains trajets! Il faut compter quasiment un tiers de plus, ou même le double pour être tranquille. 


Baie de Goro



Lac de Yaté (artificiel, créé par le barrage)


Arrivées à Nouméa, notre après-midi a donc été consacré à la visite du centre culturel Jean-Marie Tjibaou, dédié à la culture kanak.

Le site se trouve sur la presqu'île de la baie de Tina sur huit hectares, à l'endroit même où se tenait le festival "Melanesia 2000", organisé en 1975 par Jean-Marie Tjibaou, premier événement à avoir réuni des Kanak de toute la Nouvelle-Calédonie.



C'est Renzo Piano, architecte du centre Georges Pompidou à Paris, qui a dessiné l'ensemble.


Première maquette proposée pour le site (1990)



Il a travaillé avec l'Agence pour le développement de la culture kanak (ADCK) afin de réaliser des plans qui allieraient harmonieusement tradition kanak et modernité architecturale. 

Le site se compose de dix grandes cases réalisées en bois d'iroko et de métal (exemple de case sur la photo ci-dessous) et alignées le long d'une allée centrale évoquant celle de l'habitat traditionnelle kanak.

Il a reçu le prix Pritzker (prix d'architecture) grâce à cette réalisation.



La construction du site a duré 3 ans (de 1995 à 1998).
L'inauguration du site a eu lieu le 4 Mai 1998.


Dans les salles, des expositions permanentes ou temporaires:




1. Une exposition permanente sur l'art kanak:

Il faut que vous sachiez que la colonialisation française ayant interdit l'art kanak, ce dernier avait peu à peu disparu.

L'art kanak ne connaît une renaissance que depuis quarante ans seulement (et le festival Melanesia 2000).

Il a donc fallu réapprendre l'art pour s'en affranchir. Cette exposition retrace cette évolution. 


Quelques sculptures et peintures plus traditionnelles 










Puis des peintures réalisées par un collectif de femmes dans les années 90.


A la fois, traditionnelles et modernes, ces femmes ont donné une dimension nouvelle à l'art contemporain kanak.





Des dessins d'aujourd'hui.







2. La salle des Totems du Pacifique: 


Six œuvres venues de tout le Pacifique, qui racontent les origines du monde, des êtres, des choses et les liens unissant les sociétés océaniennes.






3. Une exposition temporaire que nous avons beaucoup aimée: "Bottled ocean 2116".




George Nuku utilise le plastique ou le plexiglas pour exprimer son art.




Il évoque la possibilité, dans un futur très proche, d'un monde où il ne resterait que les déchets de notre consommation excessive.




De là, l'idée de transformer la bouteille en oeuvre d'art. 



 
P.S.: L'exposition sera déplacée au Musée d'Histoire Naturelle de La Rochelle dans quelques jours (fin octobre 2016).
 
Puis, nous avons rejoint Gladys pour faire ensemble le chemin kanak, un parcours végétal initiatique qui évoque le mythe fondateur du premier homme, Téâ Kanaké.
 
(une partie de l'équipe du centre culturel, très accueillante)

Il faut savoir que dans la conception kanak, le végétal a une valeur fondamentale. Chaque plante possède un sens, une fonction, un statut. Ce savoir immense que détenaient les ancêtres se transpose dans ce chemin.


(Gladys)

Cinq étapes sont représentées : de la naissance à la renaissance.




1. L'origine des êtres sur terre: la naissance




2. La terre nourricière: apprendre à cultiver la terre (rôle important de la mère) - la vie de jeune enfant, adolescent
3. La terre des ancêtres: apprendre à construire sa case (rôle important du père) - la vie d'adulte 


4. Le pays des esprits: la mort 
5. Le passage à travers un rocher percé: la renaissance 



Puis, nous avons visité l'aire Mwakaa où l'on peut voir trois cases traditionnelles kanaks représentant chacune une province : une du nord, une du sud et une des iles Loyauté ainsi qu'un faré polynésien, légèrement en retrait, qui fait le "lien entre passé et présent" et fonde la légitimité du site, lieu de parole, de vie et d'échanges coutumiers (des cérémonies ont lieu dans cet espace).



(celle du sud)

Les huit totems (pour chacune des aires coutumières, c'est-à-dire les régions de Nouvelle-Calédonie)



Le site vu depuis la coline où se tient là statut de Jean-Marie Tjiabaou

 
 



Audrey, toute petite dans ce très grand Banian, arbre important de la culture kanak.


Ce soir, après un petit vol de 40mn, nous voici arrivées sur l'île de Lifou.



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